14.12.2011

Affaire Carlton : quand DSK focalise l'attention

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Depuis le début de l'affaire de proxénétisme supposé liée à l'hôtel Carlton de Lille, l'attention des médias et des juges d'instruction se focalise sur le cas de DSK, et sur les éventuelles poursuites qui pourraient être engagées contre lui pour avoir été client du réseau. Pendant ce temps là, le volet lillois du dossier est soigneusement verrouillé.

Le fait d'être un ancien favori à la présidentielle est-il une circonstance aggravante en matière pénale? C'est ce qu'on pourrait penser au vu de la couverture médiatique de l'affaire Carlton, qui tourne beaucoup autour de la personne de Dominique Strauss-Kahn. Et au vu de l'instruction menée par les juges et des questions posées aux différents protagonistes, pendant leur garde à vue, par les policiers.

Ce qui s'est passé à Washington, en Belgique, à Paris, intéresse beaucoup plus que ce qui s'est passé à Lille. Beaucoup de détails ont filtré sur les "après-midi récréatifs" au restaurant l'Aventure ou à l'hôtel Murano de Paris, à l'hôtel W de Washington, ou encore dans une club échangiste belge. Bien peu sur les parties de jambes en l'air lilloises.

Pourtant, des parties fines ont également été organisées à Lille, que ce soit dans un appartement situé à proximité immédiate de l'hôtel Carlton ou dans un restaurant de Wazemmes. Là aussi, des filles de "Dodo la Saumure" (mais pas seulement) ont été recrutées, acheminées, rémunérées. Et là aussi, des "clients" en ont profité.

Mais en ce qui concerne ces clients lillois, on semble beaucoup moins s'intéresser aux questions qu'on se pose au sujet de DSK : qui payait? les participants de ces soirées savaient-ils que les femmes présentes étaient rémunérées? y'a-t-il pu avoir des contreparties ou se trouve-t-on seulement dans le cadre de moments passés entre adultes consentants?

A qui profite le crime?

Toutes ces questions ne sont pas inintéressantes ni illégitimes. Mais les fuites de procès-verbaux d'auditions organisées à destination des médias (par qui? une enquête pour violation du secret de l'instruction est ouverte) ont (presque) toujours concerné le volet DSK de l'affaire.

Est-ce seulement parce que ce "tiroir" est plus croustillant? Ou y'a-t-il une volonté de plomber définitivement l'ancien patron du FMI? Comme disait l'ancien strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis, celui-ci est "déjà à terre"...

La question "à qui profite le crime?" est bien sûr dans tous les esprits, même si céder à la théorie du complot relève de la facilité. Car en effet, maintenant que DSK semble définitivement écarté de la scène politique, on ne voit pas bien qui peut avoir intérêt à lui enfoncer davantage la tête sous l'eau.

En attendant, le DSK-bashing prend d'autant plus d'ampleur que pendant des années, les journalistes qui connaissaient les "penchants" de l'ancien ministre des Finances de Lionel Jospin ont, sauf exceptions, gardé leurs informations pour eux.

Maintenant que l'homme a dégringolé de son trône, tous les coups sont permis.

Bruno Renoul

Commentaires

Très bon article, Bruno.

Écrit par : Tom | 02.01.2012

j espère qu'ils ne von pas nous souler avec ce mec et faire un feuilleton de l'été 2012 avec lui

Écrit par : deleury | 29.03.2012

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